Pas de Mondiaux cette année, malgré un été traversé avec beaucoup de volonté

Je reviens sur un été rempli d’attentes et d’émotions contradictoires, allant de victoires quotidiennes, d’une planification rigoureuse à des inattendus et des événements imprévus.

Venant d’achever un mois et demi de compétitions quasi hebdomadaire (mai-juin), l’objectif était d’atteindre à nouveau les minima lors d’AtletiCAGenève, un meeting international avec les meilleurs athlètes « valides » du moment. C’était un honneur pour moi et de performer à leurs côtés et un rêve qui s’est réalisé au début de ma carrière d’athlétisme. Ce meeting était aussi particulier car c’était la chance de courir devant ma famille, mon équipe médico-sportive et mes amis ! En plus, c’était déjà la deuxième compétition majeure de la saison, après l’international « para » de Nottwil (Suisse). Sur 100 mètres, je réalisai le bon chrono de 15’72 ! Ainsi, ce fût mon deuxième temps sous les 16 secondes (minima B) ! Nous nous souviendrons de cette compétition grâce à ma performance, mais aussi à cause de la tempête extrême qui commença juste après ma course !

Fin juin, je retournais à Nottwil pour le Bonus Track Meeting : je devais courir sur 100m afin de tenter de décrocher les minima A et sur 200m afin d’expérimenter la course en virage et, si possible, de m’assurer une place dans le relais 4×100 Suisse si celle-ci devait être réalisée – il doit être composé d’un(e) en chaise, un(e) aveugle ou malvoyant(e), un(e) amputé(e) et un(e) cérébrolésé(e).

Jusqu’à là, l’échauffement se déroule comme prévu. Peu avant d’aller à la « chambre d’appel », je mets mes chaussures à pointes afin de faire un dernier départ avant ma course. Je procède selon mes habitudes d’entraînement…  Je me tords soudain la cheville !

Étant rapidement prise en charge par le Dr Boris Gojanovic, mon médecin du sport, l’IRM indiqua une déchirure des ligaments. Nous décidions aussitôt de prendre le temps qu’il faudra afin de renforcer mon pied et de réduire les risques de blessures par la suite. Nous (le chirugien Dr Ray, Dr Boris Gojanovic, mon entraîneur Kenny Guex et moi) décidons de tout miser sur les JO de Tokyo en 2020 et donc de l’opération.

Une chose est sûre : je reviendrai plus forte à la compétition !

Une question se posait alors : est-ce que cela signifiait la fin de ma saison 2019 ? En août, c’était encore trop tôt pour le dire, les Championnats du Monde ayant lieu en novembre… Et j’avais atteint les minima B… Une chose était sûre : ma priorité est ma santé, tout en ayant l’espoir que cela pouvait encore jouer…

D’autre part, je tire des conclusions positives de cette nouvelle difficulté à dépasser. Est-elle l’opportunité de remédier à l’instabilité de ma cheville ? De vivre dans de meilleures conditions plus tard ? Me permettra-t-elle, logiquement parlant, d’obtenir une meilleure stabilité que j’avais avant ce dernier incident ? Pourrais-je ainsi courir plus vite ? Finalement, c’est peut-être bien une opportunité qui se trouve derrière cette difficulté… A moi de jouer et de bien récupérer !

Article sur mon blog, Le Temps: « Être momentanément paralysé pour apprendre et expérimenter »

De g. à d. Guillaume Servant (physio), Dr Boris Gojanovic (médecin du sport), moi, François Fourchet (physio) et Anne-Sophie Thilo (attachée de presse)

Comment pouvais-je continuer? Les visites à l’hôpital remplissaient mon agenda et mon été. Bien-sûr, je continuais de m’entraîner : c’était la chance de travailler ce qui passait un peu à côté…Certains diraient que je suis trop optimiste ; certes, c’est ce qui constitue ma force mentale. Cependant, chaque séance me prenait beaucoup d’énergie et une fatigue importante m’envahissait par après. Grâce à mes chaleureux partenaires et à mes précieux soutiens, j’ai la chance de pouvoir me focaliser sur cette activité, de me reposer le plus possible afin de récupérer au plus vite.

Mi-août, mes jambes pouvaient être exercées à nouveau. Dès que j’ai enlevé la « botte » (comme un plâtre), j’ai pu reprendre la marche. En deux semaines (7 semaines après l’accident), grâce à de l’entraînement et l’excellent suivi de mon équipe médicale, j’ai quasi abandonné les béquilles. Je retourne à l’entraînement avec mon groupe à Lausanne et pratique de la visualisation également.

Début septembre, j’apprends que je n’ai pas été sélectionnée aux Championnats du Monde cette année. C’était une grande déception pour moi, surtout que la Fédération n’a pas pu me donner une explication… On ne savait pas si ma santé allait me permettre d’y concourir; c’était encore trop tôt pour le dire. Or, ne me laissant pas la chance de réévaluer la situation, je me réjouis déjà de leur prouver mes capacités!!

Ayant persévéré pendant tout l’été, mon coach a décidé de me laisser le choix de m’entraîner pendant deux semaines. Pour me changer les idées, j’ai été rouler en tricycles avec Gérald Granger qui sera mon binôme lors du Défi Boscardin. En octobre, ce sera la reprise des entraînements d’athlé! A ce moment, je reviendrai sur ma planification de la fin de l’année.

Retour sur mes interventions de juin :

 

Un panel enrichissant au Congrès annuel de Féminin Pluriel

Réunissant un réseau de femmes exemplaires qui se soutiennent, leur Congrès annuel rassemblant les organisations de différentes nations se sont réunies à Genève pendant un week-end autour sur thème « Cats have nine lifes, so do women: how to reinvent ourseleves  ». M’étant réinventé à plusieurs reprises, je suis intervenue aux côtés de trois autres femmes toutes aussi inspirantes les unes que les autres. Nous avons toutes démontré que n’importe quelle femme peut « se réinventer », quel que soit son activité, que ce soit souhaité ou que la vie nous y a emmené. J’ai été honorée et fière de recevoir le “2019 Féminin Pluriel Award” !

J’ai également reçu le Féminin Pluriel Award 2019, une reconnaissance pour tous les efforts que je fournis au quotidien tant pour moi-même que pour les autres.

 

Conférence Migros Genève

Avec l’objectif de montrer à chaque collaborateur qu’apprécier la, qu’accepter et de transformer les défis en apprentissage vie peut-être un choix, je me suis rendue à leur « Centre de formation » à Genève. Tout en me positionnant parallèlement à ce qu’ils vivent dans l’entreprise, j’ai donné une conférence pendant 50 minutes en mettant en lumière leurs difficultés (discuté à l’avance avec l’organisatrice de l’événement interne afin de réellement pouvoir apporter) par le biais de mes expériences antérieures et d’actualités. Le but est de relativiser chaque situation et de se décharger d’un poids inutile à porter qui jusqu’à là empêchais, bien souvent, de passer à l’action. En quelques mots, les gens témoignaient qu’ils se sentaient inspirés et motivés de réaliser des choses qu’ils n’avaient peut-être jamais osé. Ce qui était touchant, pour moi, était que toutes les personnes présentes sont venues me serrer la main. Au sein de l’entreprise, ils ont avoué que c’était du jamais vu !

 

Conférence CAD

Centre d’accueil pour personnes à la retraite… Ne les négligez pas ! Je vous assure qu’ils ont la tête ! Comment pouvais-je leur apporter quelque chose, n’ayant bien souvent même pas la moitié de leur âge ? Nous étions une trentaine de personnes dans une salle située entre deux jardins ; un endroit inspirant la solidarité ! Comment gagner leur respect et peut-être même les bousculer ? S’apercevant des pépins que je surmontais à un plus jeune âge avec un handicap (!), ils réalisaient que la difficulté pouvait toucher tout un chacun. Ils étaient alors tous motivés à vivre chaque instant de leur vie pleinement. On ne sait jamais de quoi le lendemain est fait !

Quelques jours après l’événement, je reçois une lettre aussi marquante que touchante. Certaines phrases… “Vous avez prouvé qu’une jeune femme peut donner une leçon de vie à des personnes âgées: à cet instant, votre beau visage magnifiait la victoire que vous avez gagnée contre l’adversité. Vous m’avez captivé et souvent ému. Je voulais vous dire merci pour l’exemple que vous donnez. Je crois vous avoir entendu plaider pour l’égalité des personnes en situation de handicap: on oublie que l’égalité peut parfaitement s’accommoder des différences. Et c’est cette différence que vous faites valoir par votre engagement.”

 

Conférence GIM-CH : « Notre jeune public ne l’oubliera pas » (photo de couverture)

 Photo ci-dessus: à gauche, Monsieur Olivier Français et à droite, Monsieur Antonio Rubino

Le but était de marquer la cérémonie. Elle avait lieu au Swiss Tech Convention Center, près de Lausanne. « Tout est possible ! Telle est la devise de Madame Celine van Till qui nous a fait l’honneur de se joindre à nous en tant qu’oratrice à notre cérémonie de remise des CFC des métiers de l’industrie le vendredi 28 juin 2019. C’est devant un public de près de 1000 personnes que Celine est venue témoigner de son parcours de vie en parlant de manière très émotionnelle et vivante. Tant les apprentis, formateurs, chefs experts, doyens d’écoles, représentants de l’Etat, parents de ces jeunes certifiés ont bu les paroles de l’histoire poignante de l’accident de Celine et de sa « résurrection ». Nous remercions chaleureusement Celine pour son témoignage poignant et passionnant qui nous a donné une leçon de vie afin de ne pas baisser les bras et même en cas de coup dur, de continuer à avancer. Après son intervention, les échanges enrichissants se sont prolongés lors de la session de dédicace de son livre avec le public », Sophie Boucher et Antonio Rubino.

2019-09-24T11:43:40+00:00